Voyage dans les traces du Pull Parfait avec Constance

Le 08 septembre 2022

De retour d’Afrique du Sud, Constance nous raconte sa rencontre avec les éleveurs de moutons mérinos et le travail fait sur la traçabilité pour tout savoir de notre Pull Parfait.

En février, Pierre et Constance ont accepté l’invitation de Segard Masurel, notre fournisseur de laine, afin d’aller à la rencontre de toute la chaîne de production de la laine de notre Pull.

L’objectif de ce voyage : la tra-ça-bi-li-té. Un mot qu’on emploie souvent parce qu’il est au coeur de notre démarche : tracer, retracer, tout savoir, connaître de A à Z, l’ensemble des acteurs qui font les vêtements que l’on porte.

À quelques semaines de la sortie du Pull Parfait dans sa nouvelle version, on en a profité pour poser à Constance pas mal de questions.

- Salut Constance, comment tu vas ?
Très bien, le soleil brille et les vacances approchent. À la rentrée, on va proposer plein de nouveautés homme et femme qu’on vous a concoctées. Hâte de voir ce que ça va donner !

- Avant de rentrer dans le vif du sujet, votre voyage en Afrique du Sud, tu peux te présenter rapidement ?
Je suis responsable des achats, de la production et de l’impact. J’ai rejoint Asphalte il y a 4 ans, toute seule en production et achats. Mon job a beaucoup évolué depuis !

Aujourd’hui je travaille avec une équipe de 3 personnes : Albane, Pauline et Servane. On se charge de trouver les bonnes matières, au bon prix, au bon moment et dans une qualité irréprochable. L’idée c’est de proposer les meilleurs produits, au meilleur prix possible, et les livrer le plus rapidement possible.

- Une partie de ton taff tient aussi à la traçabilité, tu peux nous en dire plus ?
Oui ! Je travaille aussi sur la mesure et la réduction de l’impact et tous les sujets de traçabilité.

J’adore parce que chez Asphalte on ne travaille pas comme dans les autres boîtes. Que ce soit en production ou sur la partie sociale et environnementale, on cherche toujours à réinventer la façon de faire des vêtements, on sort des sentiers battus, on se met des challenges, et on se pousse à faire toujours mieux. C’est le cas sur la traça où on donnera tout pour savoir exactement d’où viennent nos matières etc.

- C’est pour ça d’ailleurs que tu es partie avec Pierre en Afrique du Sud, tu peux nous raconter ?
Yes ! Avec Pierre, notre développeur produit maille, on est parti rencontrer les éleveurs de moutons Merinos à l’origine du fil du Pull Parfait il y a quelques mois. C’était assez extraordinaire de pouvoir faire ça !

En gros pour vous expliquer, les matières premières sont organisées en marchés mondiaux, avec beaucoup d’intermédiaires et donc c’est assez difficile de remonter jusqu’au lieu de culture de la matière même.

Nous on voulait absolument y arriver. On a travaillé dur pour trouver une laine 100 % traçable et grâce à ce voyage notamment, on peut nommer chaque éleveur qui nous a vendu ses lots de laine. On est capable de les placer sur une carte mais aussi, et c’est là l’intérêt premier, on a des garanties sociales, environnementales et de bien être animal sur leurs exploitations.

- Sur place, qu’est-ce que vous avez fait exactement ?
On est parti avec les équipes de Segard Masurel, le trader qui nous a mis en relation avec les éleveurs. On a pu visiter des fermes, assister à des ventes aux enchères de laine et des moutons et échanger avec les éleveurs sur leurs pratiques.

On a aussi pu parler de nos visions respectives sur l’agriculture de demain et sur comment aller toujours plus loin dans le développement durable dans les années à venir. C’était super enrichissant, pour eux comme pour nous.

- On parle souvent de traçabilité chez Asphalte, pourquoi est-ce que c’est un challenge important?
L’industrie textile est très opaque. Les chaines d’approvisionnement sont mondialisées et les lots très régulièrement mélangés. Il est donc très difficile d’avoir une garantie exacte de l’origine des matières qu’on utilise.

Si les normes sociales et environnementales étaient exigeantes et contrôlées tout autour du monde, ce ne serait pas un problème. Mais ce n’est pas le cas. En conséquence, la seule façon d’être sûrs de ce qui se passe au cours de la fabrication de nos vêtements, c’est de savoir par quelles mains ils passent.

On peut comme ça vérifier les audits, les certifications ou labels, ou même se déplacer sur les lieux de transformation pour constater leurs pratiques.

Chez Asphalte, on veut faire des vêtements autrement, non seulement vendre autrement mais aussi produire en prenant en considération tout le travail qui est fait sur le produit et la pollution engendrée à chaque étape. Des choses qui ont été oubliées avec l’essor de la fast fashion. Connaitre la traçabilité d’un produit, c’est le point de départ indispensable à ce travail et c’est aussi super pour casser le côté “donneur d’ordre et fournisseur” et créer un vrai partenariat, une relation de confiance entre nous.

- Est-ce qu’il y a des choses qui vous ont surpris pendant ce voyage ?
Les éleveurs étaient super contents de voir le produit fini ! C’est fou mais ils n’avaient pas de notion de ce que devenait la laine qu’ils exportent.

Ils bossent comme des fous pour avoir une laine d’une qualité irréprochable mais ne voient pour autant jamais le produit qui en découle, c’est dingue !

Oui, on leur a offert des pulls parfaits pour qu’eux aussi puisse expérimenter le plaisir de porter leur laine Merinos extra fine ! Ils étaient hyper contents et nous ont demandé d’installer un magasin dans le Karoo !

- Qu’est ce que que tu as préféré ?
C’est difficile de choisir, parce que chaque jour nous a apporté son lot de découverte. Si je dois choisir, je pense que ce serait la visite d’une ferme en agriculture régénératrice.

Depuis des décennies, le propriétaire de cette ferme applique un management holistique de son exploitation et forme les agriculteurs des alentours à ce type de pratiques. Il a réussi à traverser les 7 ans de sécheresse sans difficulté. J’étais déjà convaincue par ce type de pratique et cherchais déjà à étendre nos sourcings vers l’agriculture régénératrice, j’ai donc été ravie de voir ces principes en application et les bienfaits pour l’environnement, et gains financiers concrets qu’en tirait cet agriculteur !

- D’ailleurs, pourquoi est-ce qu’on va en Afrique du Sud pour aller chercher de la laine ? Il n’y en a pas en France ?
Si, nous avons de la laine en France mais les conditions climatiques ne nous permettent pas de trouver le micronnage et la longueur de fibre qu’on recherche pour le pull parfait.

Il faut aller chercher en Australie, en Nouvelle Zélande ou en Afrique du Sud pour ça. On utilise d’ailleurs de la laine de Merinos d’Arles, 100% tracée également, sur notre pull marin. Mais le toucher n’est pas du tout la même, c’est plus “dur” et pour le Pull Parfait on a à cœur d’avoir un toucher vraiment doux pour pouvoir être porté à même la peau.

On a choisi de travailler avec l’Afrique du Sud sur ce produit pour les garanties de traçabilité et de pratiques sociales, environnementales et de bien être animal qu’on nous donnait. Il faut savoir que dans l’impact environnemental au sens strict d’un produit textile les kilomètres parcourus, s’ils ne le sont pas en avion, pèsent très peu.

Les conditions de transformation, notamment la teinture et la filature pour un pull, et le mix énergétique du pays dans lequel les étapes sont réalisées sont les facteurs les plus déterminants. Notre logique est donc de connaître ce qui se passe tout au long de la chaîne d’approvisionnement pour tenter de réduire l’impact là où on le peut, mais de ne pas s’interdire d’aller chercher de la laine en Afrique du Sud si son toucher et sa qualité vous feront porter le pull toute votre vie.

Le choix de la qualité et de la durabilité, donc !

- C’est quoi les prochaines étapes ? Les sujets sur lesquels vous bossez à fond en ce moment ?
Côté traçabilité, j’aimerais répliquer le succès de la laine à toutes les fibres sur lesquelles on travaille. Ce n’est pas une mince affaire, mais je suis déterminée, on va y arriver !

- Quelque chose à ajouter ?
Très contente qu’on parle plus longuement de ce sujet qui me passionne et qui est trop mis de côté dans cette industrie !

On en parle quand il y a des scandales puis on oublie qu’un t-shirt à 5 € ne peut que vouloir dire qu’il a été fait dans des conditions sociales et environnementales déplorables. Mon travail est passionnant mais dans cette industrie, à ce poste on a souvent l’impression d’être David contre Goliath.

Donc merci de donner cette visibilité à nos efforts !

Merci à toi d’avoir pris le temps de nous répondre !!

Mon panier

Fermer

Votre panier est vide.