
Publié le 28 janvier 2021.
La bonne paire de Chukka Boots
Est-ce qu’on dit lait ou “lé” ? On commande un allongé ou un rallongé ? Cette fameuse robe, elle était bleue et noire ou dorée et blanche ? C’est des Desert ou des Chukka ?
Pour les premières questions existentielles, on ne sait pas trop et on préfère vous laisser choisir. Pour la dernière en revanche, on a notre mot à dire.
Après les Bonnes Boots et les Chelsea Boots, on s’est lancés sur une nouvelle paire de bottines, mais dans un autre style. Place aux Chukka Boots.
On vous fait le topo rapide dans la vidéo qui suit et on reprend l’antenne juste après pour les détails :
Afrique du nord, canassons et semelle en cuir
Bon, avant de rentrer dans le vif du sujet, on a quand même deux trois petites choses à mettre au clair. Et le premier point, c’est sans aucun doute de différencier les Chukka des Desert.
Pour la faire courte, les Desert Boots voient le jour grâce à un certain Nathan, arrière-petit-fils de James Clark, frère de Cyrus, le fondateur de la marque Clark’s, rien que ça. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est envoyé en Afrique du Nord, où il constate que les officiers portent sur leur temps libre une paire semi-montante, sorte de Derby en peau retournée montée sur des semelles crêpe. Il ramène une paire en Angleterre, améliore le process de fabrication et bim, les Desert foulent le sol européen. Une Desert, c’est donc une semelle crêpe, une peau retournée et des revers qui arrivent à la cheville.

Ok, mais c’est quoi la diff’ avec une Chukka ? Eh bien l’origine principalement. Les Chukka seraient apparues bien avant, dans les années 1800. À cette époque, les joueurs de polo portaient une bottine semi-montante avec une semelle en cuir. Ils la nommèrent d’après les différentes périodes de jeu disputées : les « chukkers ».

On vous l’accorde, les paires sont assez similaires, de loin. Pour épater vos potes à la récrée, retenez toutefois qu’une vraie Desert boot a généralement une semelle crêpe, alors qu’une Chukka a une semelle en cuir. Voilà maintenant, si vous faites encore l’erreur, ce n’est plus de notre ressort !
Qu'est-ce qui vous boots ?
Comme c’est la toute première fois qu’on vous propose cette paire, on a été vachement attentifs à ce qu’était pour vous la Chukka. Comme d’hab’, on vous a filé un questionnaire, vous y avez répondu et on a synthétisé vos réponses. Et de là, on a extrait vos 4 grandes problématiques :
- Un montage qui pète au bout de 100 mètres
- Un cuir aussi solide qu’une allumette
- Un confort proche de celui d’une brique
- Des semelles en carton
Pour répondre à tous ces problèmes, on a pas mal bossé sur la paire afin de proposer un modèle qui tienne clairement bien la route. On n’est pas peu fiers du résultat, le voilà :

Je vous connais vous, non ?
Bon, on a un truc à vous avouer. Vous étiez quelques-uns, 11,6% pour être précis, à nous demander une paire en cuir lisse. Une demande tout à fait légitime quand on sait que la paire était à l’origine réalisée à partir de ce type de peau. Mais n’y aura pas de cuir lisse. Nop. Zéro. Nada. La raison est plutôt légitime, vous allez comprendre.
La paire sort pour les beaux jours et chez Asphalte, on préfère les peaux retournées quand il fait beau et chaud, tout simplement parce que ça respire mieux. Mais on ne s’est pas fichus de vous, parce qu’on est retournés chez Zabri, la tannerie italienne qui était déjà à l’origine du veau velours de nos Chelsea et de nos dernières Bonnes Boots version printemps-été. On lui a demandé sa Rolls du cuir suédé et elle nous a présenté à nouveau le Diamond Forever, un veau velours traité 3M déperlant et anti-taches.
Pourquoi à nouveau ? Parce que c’est exactement le même cuir qu’on a utilisé pour les Chelsea et les Bonnes Boots. Du coup, ça nous a confortés dans l’idée qu’on ne s’était pas plantés ni pour cette nouvelle paire, ni pour les deux paires précédentes.
Finalité, les Chukka en peau retournée avec ce veau velours, c’est pas mal. C’est même vraiment pas mal.

Ça va barouder (au) sec
Imaginez la scène. Vous vous payez la voiture de vos rêves où tout est sublime : la forme, la couleur, le choix des matériaux, et tutti quanti. Vous tournez la clé et là, vous faites la désagréable découverte que votre auto là, elle a un moteur de tondeuse. Sympa la surprise.
Eh bien pour les Chukka, c’est pareil, la mécanique en moins. On a décidé de monter la paire à l’aide d’un cousu Goodyear Stormwelt chez notre partenaire portugais Penha. Tout à fait. C’est le même que pour les Bonnes Boots et les Chelsea.
Pour faire simple, le Goodyear, c’est une méthode de construction de pompes où toutes les pièces sont cousues ensemble.
Et pour entrer davantage dans le détail sur le Stormwelt, la trépointe est taillée en Y, un Y à l’horizontale. Sa branche basse sert à la réalisation de la couture latérale alors que sa branche supérieure vient remonter sur la tige et améliore donc son étanchéité.
Bon, ok. Oui c’est compliqué à visualiser. On vous a donc fait un joli schéma pour que vous compreniez bien le système.

Et en gros ce qu’il faut retenir du Goodyear Stormwelt, c’est qu’avec ce type de montage on obtient une chaussure increvable et ressemelable à vie. Et qu’en vrai ça ressemble à ça :

Angleterre droit devant
Avec un montage pareil, difficile de faire la fine bouche niveau semelle. On a donc fait une nouvelle fois confiance à l’une des entreprises britanniques les plus connues dans le secteur, Itshide.
La marque fait de la semelle en caoutchouc depuis plus de cent ans et s’est fait connaître dans les années 40 grâce son modèle Commando qui équipait les boots des soldats anglais. C’est d’ailleurs lui que l’on a choisi, parce qu’on le connait bien vu qu’il habille nos autres modèles de chaussures.
On sait donc que cette semelle est aussi souple que solide et ne vous laissera pas tomber de sitôt. Ah et on a renforcé le talon à l’aide de 5 pointes histoire qu’il ne se fasse pas la malle rapidement.

Finitions mention très bien
Ici, on n’a clairement pas fait les manchots afin de vous proposer une paire impeccable sur tous les points. L’idée, que la paire soit aussi pratique que confortable et robuste.
On a donc ajouté une petite languette qui va bien en haut des contreforts afin d’enfiler la paire en deux deux.

Les lacets sont plus épais que la normale, ronds et waxés. Comme ça, ils ne lâcheront pas facilement.

On a également préféré des bords francs histoire d’avoir une bonne souplesse mais aussi un caractère plus affirmé.

Dernier petit détail pas piqué des hannetons : le fil servant à la trépointe est poissé et contrastant, pour une étanchéité optimale et un style réussi.

Montage inversé, maxi confort
Une paire de Chukka classique, c’est joli et tout ce que l’on veut, mais c’est bien souvent aussi raide qu’une annonce de confinement inopinée.
Pour ajouter encore plus de confort, on a joué sur le montage des quartiers et des talonnettes. Pardon ? Quartier et talonnettes ? Point vocabulaire, le quartier sur la chaussure est la partie de cuir qui habille le côté. La talonnette ou contrefort c’est la partie de cuir arrière. On se comprend mieux maintenant ? Parfait, on reprend.
En règle générale, les talonnettes sont cousues sur les quartiers. On a fait exactement l’inverse, ce qui donne un maxi confort et une grande souplesse. Le pied ! Ouais, fallait qu’on la place.

Le triplé final
Voilà la paire de Chukka, avec un certain quelque chose et une touche de style affirmé.
On n’a pas fait les foufous et on est partis sur trois couleurs, sobres, accessibles et élégants qui fonctionnent avec à peu près tout, sauf le short. Mais bon ça semble évident.
On a donc un Marron foncé, ou choco pour les intimes, qu’on voit carrément avec un jean délavé bien comme il faut.

La seconde teinte, on l’appelle Chestnut. Ça veut dire châtaigne en anglais d’Angleterre et on doit dire qu’elle porte plutôt bien son nom. Avec un costume marine, c’est super élégant.

On termine le trio avec une teinte sable qui n’est ni plus ni moins qu’un joli Camel assez clair, parfait quand il fait beau. Originale mais audacieuse, elle marche aussi bien avec un jean stone qu’un pantalon rouge. Non, on rigole pour le pantalon rouge, ne faites pas ça.

Ce n'est qu'une formalité
Pour ce qui est du côté pratique, la précommande commence mardi prochain à 10h et durera quatre jours.
Niveau tarif, on sort notre Chukka à 199€ au lieu de 249€. Et on prévoit 1000 paires livrées pour mi-avril.
Pour la pointure, on est en true to size. Prenez donc celle que vous portez habituellement. Si jamais vous avez un doute, on a fait un guide des tailles pour vous faciliter la tâche.

Pour ne pas louper le lancement, c’est par ici. Si vous avez une question, on sera ravis d’y répondre par mail.
Allez, la bisette, et à mardi !