Les Derbies

Des Derbies et des hommes

Le 10 février 2022

Côté chaussures, on a clairement moins de choix que Mesdames. Donc on a bossé sur le sujet et ... voilà les Derbies.

UN CADEAU DU CIEL

Que ce soit en matière de vêtements ou de souliers, il faut reconnaître que les pauvres diables que nous sommes n’avons pas exactement l’embarras du choix. La faute à une société qui, dans sa grande bonté, a longtemps considéré qu’un costume gris et une paire de Richelieu noire suffisaient amplement pour habiller un homme digne de ce nom.

Les stigmates de cette vision étroite de la masculinité sont encore sensibles : on tourne globalement avec une paire de sneakers, une paire de chaussures en toile et une paire de souliers en cuir qui alternent bon an mal an. Tristement, les semaines se suivent et nos pieds se ressemblent.

Rassurez-vous, on a de quoi dynamiter tout ça en mettant un bon coup de pompe dans cet amas poussiéreux de préjugés passéistes.

Yes Sir, les Derbies sont là pour ça ! En plus d’être historiques et à l’aise dans toutes les tenues, elles ont ce petit “on ne sait quoi” qui les rend remarquables : elles se démarquent sans heurter, ressortent sans choquer, se détachent sans déplaire. Elles réchauffent une tenue tiède, rehaussent un look sage, apaise une allure trop formelle, bref, il y a de la magie dans cette paire culte à la sauce Asphalte. Voyez plutôt :

DÉBRIS DE DERBIES

C’est bien beau d’avoir des pompes polyvalentes et pleines de caractère pour apporter du sang neuf à nos placards, mais encore faut-il qu’elles soient faites correctement. Et quand on voit vos réponses au questionnaire sur le sujet, ça n’a pas l’air d’aller de soi...

Très clairement, vous nous avez dit que vous ne vouliez plus jamais voir des derbies :

- habillées d’un cuir bas-de-gamme qui tire la tronche et marque à la première goutte de Campari tonic

- inconfortables au possible

- perdre leurs lacets en deux temps trois mouvements

- avec des semelles pressées de se faire la malle

Reçu 4 sur 4 ! On est allés voir des experts pour que la matière, le design, le chaussant et la durabilité soient au rendez-vous. On passe tout ça en revue juste après un petit point d’histoire.

NOBLESSE OBLIGE

On se doute bien que vous n’êtes pas là pour la leçon, mais tout de même. Ce serait dommage de louper l’anecdote qui vous vaudra peut-être une “Ola” en terrasse au prochain drink avec les copains-copines, non ? Alors on vous la pose là : si les Derbies s’appellent les Derbies, c’est parce qu’on les doit à feu Edward Smith-Stanley, comte de Derby et Premier Ministre.

Nous sommes au 19ème siècle, dans le nord de l’Angleterre, et notre homme peste de son mieux contre ses souliers Richelieu qui lui font un mal de chien. A dog’s pain, dit-il. C’est qu’il a un peu d’embonpoint, notre cher Mr Smith-Stanley, et que les Richelieu sont connues pour leur finesse. Sans attendre, il convoqua son bottier et lui tint à peu près ce langage : “Pondez moi des new souliers, dear friend, ceux-ci sont very douloureux !”. Aussitôt dit, aussitôt fait : notre artisan ouvre le laçage et fournit à son noble client une paire plus adaptée à sa voute plantaire et à son fort coup de pied. “Derby”, l’appellent-ils... sans savoir qu’ils viennent de marquer à jamais l’histoire du soulier.

ET LES NÔTRES ALORS

On discute, on discute, mais ça ne fait pas avancer le bouzin. Parlons un peu des nôtres ! Et pour commencer, parlons matière. On a décidé de vous proposer deux cuirs différents :

- un lisse : c’est un cuir de vachette pleine fleur aniline rectifiée. Beaucoup de mots pour dire que la matière première est la partie la plus noble de la peau qu’on a plongée dans des bains pour conserver son aspect naturel, puis légèrement poncée pour corriger les imperfections (piqures, marques, cicatrices etc). Celui-ci vient tout droit d’Espagne, de chez Picusa pour être précis.

- un suédé : on est ici sur le côté chair de la peau de vachette, qui donne cet effet velouté après ponçage. Celui-ci est ciré, ce qui le rend moins duveteux qu’un velours classique, mais aussi plus formel. On doit celui-ci à nos amis italiens de chez Mastrotto, des tanneurs à l’expertise incroyable qui bossent aussi avec nous sur les Sneakers Solides, nos Boots et même notre Bon Blouson. Bref, c’est plus que fiable.

À propos du montage, on a renouvelé notre confiance aux excellents artisans portugais de chez Penha. Ils font du Goodyear depuis plus de 50 ans et nos clients n’y ont jamais trouvé à redire.

À L’AISE TV

Bon niveau matière, on est parés. Maintenant il faut causer confort. Ben oui, il ne s’agirait pas de se retrouver deux siècles plus tard avec les mêmes problèmes que Sir Edward Smith-Stanley (ceux qui ont sauté le paragraphe d’histoire, on vous voit).

Ce qui fait la diff avec le derby, c’est que le laçage est ouvert. Concrètement, ça veut dire que les oeillets des lacets sont placés sur des empiècements indépendants appelés “garants”, contrairement aux Richelieu où ils sont directement intégrés au corps du soulier. Du coup, le porteur a beaucoup plus d’amplitude au niveau du coup de pied, ce qui est aussi plus confortable.

Au niveau du chaussant, on a dessiné une ligne relativement basse pour que le cuir ne vienne pas frotter vos malléoles : il n’y a rien de plus désagréable (sauf peut-être les gens qui font des bruits de bouche en buvant leur café). En été, quand vous mettrez vos Derbies sans chaussettes avec un petit chino, ça vous sauvera la vie.

Comme ce sont des chaussures basses, on a tout particulièrement travaillé le maintien au niveau de la voûte plantaire. Pour qu’elles soient confortables dès le premier port, il faut que la forme intérieure du chausson soit juste assez incurvée pour épouser la forme du pied. Et bien, bonne nouvelle, c’est ce qu'on a fait.

ELLES EN ONT SOUS LA SEMELLE

Confortables, elles le sont dedans... mais aussi dehors. La preuve, on est allés chercher nos semelles chez le boss final en la matière : la maison anglaise Itshide. Et bien sûr, on est partis sur leur modèle iconique, le « Commando » 100% caoutchouc. Spécialement conçu pour les montages Goodyear, il offre un amorti incroyable et une durabilité majuscule.

BALÈSES, BLAISE

Pour le montage, on n'est pas passés par quatre chemins non plus : on a opté pour un cousu Goodyear Stormwelt que vous commencez à connaître, gage de solidité et de longévité. C'est ce qu'on a appliqué à toutes nos chaussures, sauf les Sneakers. Ceux qui ont les Bonnes Boots, Belles Brogues, Chelsea Boots et/ou Chukka Boots peuvent confirmer.

Pour les autres, petite session de rattrapage : disons qu’avec ce procédé, la tige (le corps du soulier) est d’abord cousue à un empiècement de cuir appelé “trépointe”, qui est elle-même cousue à la semelle extérieure dans un deuxième temps. La spécificité « Stormwelt » indique que cette fameuse trépointe remonte légèrement au-dessus de la couture le long de la tige pour une étanchéité totale.

C’est compliqué mais s’il ne fallait retenir qu’une chose, dites-vous que c’est complètement imperméable, ultra-simple à faire ressemeler et la promesse d’une durabilité maximale.

Et voilà ce que ça donne dans la vraie vie :

Et bien sûr, on a fait tester l’ensemble en labo rien que pour vos beaux yeux. Le résultat ne s’est pas fait attendre : résistance de la tige à flexion, check ; résistance du cuir au déchirement : check ; solidité des teintures au frottement : check ; solidité des couleurs à la lumière : check.

EFFICACE ET PAS CHER, C'EST LA WAX QU'ON PRÉFÈRE

La longévité des Derbies a été pensée jusqu'au bout des lacets. Ces derniers sont en coton ciré, c’est-à-dire traité avec de la wax hydrophobe. Ça sert à quoi ? À ce qu’ils ne prennent pas la flotte et qu’ils se nouent en douceur. On a aussi mis des oeillets pour que vos lacets ne scient pas le cuir et que l’ensemble dure et dure et dure.

DE NOUVELLES COULEURS RIEN QUE POUR VOUS

Porter des Derbies, c'est faire le choix de l’histoire. C’est opter pour un design sobre et sans fioritures, mais certainement pas sans âme. Tout en respectant la tradition et en soignant le montage, c’est ce dernier point qu’on a vraiment pris à cœur : des souliers avec une vraie gueule. On a commencé par mettre une triple surpiqûre subtilement reconnaissable et bien bad ass, puis on a décliné tout ça en 3 couleurs :

Un cuir velours tabac : sérieux sans se prendre au sérieux, sage et indomptable.

Un cuir lisse noir à la fois habituel et incontournable. En un mot ? Cultissime.

Un tout nouveau cuir lisse cognac : le basique twisté. Consensuel ? Un peu. Rebelle ? Beaucoup. Raffiné ? Passionnément.

Impact environnemental :

La production des Derbies a rejeté 22,4 kg de CO2 soit l'équivalent d'une voiture ayant parcouru 231 km, et 0,7 g de phosphore dans l'eau, ce qui est comparable à la culture de 11,2 kg de pommes. Il a fallu 177 MJ (mégajoules) en énergie, soit 60 h de chauffage en appartement.

D’ailleurs voilà les sources utilisées par Fairly Made, si vous voulez approfondir l’analyse :

Eau, la source est ici.

Energie, c'est par ici.

CO2, ici.

LE BIZ DES DERBIES

Née dans le nord de l'Angleterre grâce à un Comte qui lui donna le nom de sa contrée, la Derby débarque en préco mardi prochain, à 10h avec son élégance, son confort et son allure aussi à l'aise sur le bitume que sur les parquets cirés.

Elles vous sont proposées à la préco à 199€ en préco au lieu de 249€ en stock.

Et pour les questions, c'est dans les commentaires.

Et bonne journée,

ASPHALTE

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