
Publié le 30 décembre 2020.
Année sombre et vitesse lumière
L'année a été lunaire, pour nous, comme pour 100% des êtres humains. Une année marquée par une relation extrêmement intense avec nos joggings, Netflix et le gel hydroalcoolique. Mais pas seulement.
C'est parti, le flashback.
Janvier - Mars : Et ça repart.
Pour ceux qui nous ont rejoint en route, l’année 2019 avait été un peu compliquée pour Asphalte. Après 2 ans de développement rapide, on avait encore pas mal de doutes sur la place du stock dans notre modèle et la fréquence de nos lancements.
On a pris la décision fin 2019 de réduire le stock au minimum vital pour échanger toutes les tailles des précommandes, et basta.
Et pour la fréquence des lancements, on s’est rendus compte que chaque lancement donnait l’opportunité à de nouvelles personnes d’essayer Asphalte, sans vous faire dépenser plus et donc consommer trop.
Ces deux décisions ont tout changé pour lancer l’année 2020. Même si de votre côté vous ne l’avez peut-être pas particulièrement ressenti, pour nous, ça a tout simplifié. On n’avait « plus qu’à » se concentrer sur les nouvelles sorties et trouver notre rythme de croisière.
Pour ça, l’équipe produit a beaucoup recruté. C’est ça qui nous a permis de vous proposer plus de produits, et de lancer enfin le T-shirt. Grâce à ce rythme de lancements qui s’est accéléré, vous avez été de plus en plus nombreux à nous laisser notre chance et en à peine 3 mois, on passe de 33.000 à 42.000 clients.
On arrive aussi à résumer en 1 minute et 50 secondes notre vision, et ce qu’on veut apporter au marché de la fringue. C’est un petit film qui fait vachement de bien à l’équipe. Ça nous permet d’être bien clairs avec notre ambition et notre manière de faire les choses.
Mars - Avril : Par chance, la claque n'est pas si forte.
Comme toute boîte jeune, quand le covid déboule et nous pousse au confinement, on pense évidemment d'abord au boxon que ça va mettre dans la société, aux personnes autour de nous qui sont fragiles, mais on pense aussi un peu à sa trogne et on se demande à quoi va ressembler l'année pour Asphalte.
On s'est finalement très vite habitués à cette vie un peu pourrie que nous offre le covid, mais en mars, on n'avait aucune idée de comment ça allait se passer et on n’en menait pas large. Pour la première fois, on s'est demandé si ça n'allait pas mettre Asphalte, comme des milliers d'autres boîtes, au sol.
Après quelques jours de flottement, on lance notre premier produit du confinement, un costume. Et là, improbable, ça marche. Certes, on sent un impact négatif sur les ventes, mais il est très léger.
Après un second, puis un troisième lancement, on comprend. Niveau ventes, on sera beaucoup moins impactés que la plupart des business qui ont pignon sur rue. Les gens sont chez eux, ne peuvent rien acheter en boutique et c'est l'occasion parfaite pour tester « Cette marque qui ne me lâche pas sur youtube. Mais si, tu sais, celle avec le barbu là..."
En fait, on se rend rapidement compte que le problème ne sera pas les ventes, mais la production.
Pendant un mois, chaque jour, on a au moins une mauvaise nouvelle niveau développement produit et production. Les ateliers ferment à cause de cas de covid, les colis sont bloqués, bref, rien ne va.
Mais clairement, pas de quoi se plaindre. Le confinement nous a empêché de lancer quelques produits, et on a eu peu de retard de livraison sur 3 productions. Malgré tout, dans l’ensemble, on a été très peu touchés.
Mai : L'après-calypse
Après l'apocalypse, alors qu’on commence à voir la fin du premier confinement pointer le bout de son nez, une bouée de sauvetage inattendue fait son apparition dans la vie de l’équipe.
C’est ce qu’on appelle chez nous le « lovewall », une chaîne de messages dans laquelle notre équipe Service Client nous partage les mots de soutien et d’encouragement, parfois d’amour, que vous nous envoyez.
Du jour au lendemain, on reçoit des dizaines de messages de gens qui nous soutiennent dans le projet, trouvent que la manière qu'on défend de développer et produire des vêtements est cool.




Ces messages, toute l’équipe les lit. Dès qu’on a un coup de mou, on va se réfugier quelques minutes sur le lovewall pour y lire vos pépites, et ça nous remet d’aplomb. C’est ce genre de petits mots qui nous donnent du cœur à l’ouvrage, et qui nous poussent à nous défoncer pour vous créer des bons produits.
Ça a été fondamental pour le moral des troupes pendant le premier confinement, le deuxième, et la période entre les deux. Bon tout le temps en fait. C’est parfois un mot, une ligne ou un paragraphe, mais pour l’équipe, c’est toujours un plaisir intense de lire que son travail a participé à rendre un de nos clients heureux.
Un autre truc qui change pendant ce premier confinement, c’est qu’on se rend compte que presque tout le monde, et nous les premiers, associe cette crise du covid à une crise écologique. Même si le lien n'est pas forcément évident, force est de constater que ce virus et sa propagation sont des conséquences de la surexploitation des ressources de la planète.
Alors, les mentalités, qui étaient en train de changer depuis quelques années, se transforment d’un coup et tout le monde veut apporter sa pierre à l’édifice et être un peu plus responsable. Alors si cette crise a comme résultat de nous faire collectivement mieux consommer, c’est déjà ça de pris. Comme quoi, comme dirait papy, même le plus noir nuage, a toujours sa frange d’or.
Jusqu’à maintenant, dès qu’on pouvait on casait une matière éco responsable mais c’était pas un objectif en soi. Dès l’hiver 2020, 60% des matières utilisées étaient labellisées. 100% de nos laines sont mulesing free. Notre plus grosse vente, le tee shirt est en coton bio, les teintures sont labellisées OEKO-TEX, on a remonté 4 maillons sur 5 de la chaîne d’approvisionnement. Il ne nous reste plus que le champ de coton, difficile à retracer mais on y travaille pour la suite. L’objectif d’ici la fin d’année prochaine c’est de passer à 100% de matières certifiées avec 100% de nos cotons bio, 100% de nos matières OEKO-TEX, et de pousser la traçabilité pour chacun de nos produits.
Juin - Août : Covid ? Qué covid ?
Finalement, pendant ces 3 mois de confinement, on a accueilli 3 nouvelles personnes dans l’équipe, et on repart sur les chapeaux de roue. Vous êtes alors plus de 56.000 à nous avoir fait confiance, et vous êtes chaque semaine plus de 150.000 à lire nos emails. Ça commence à faire du monde.
Pendant cette période, on prépare les 2 gros tests qu'on avait prévu de faire en 2020. L’international et notre premier pop up.
D’abord, on commence nos premiers tests en Europe.
Après quelques tests, les résultats sont bons en Grande-Bretagne et en Allemagne, on hésite entre les deux, et on tranche côté GB car on trouve, par un coup du sort, un trio Franco-British de génie pour nous aider à lancer le pays dignement.
Après bientôt 4 ans à faire des vannes en français, Asphalte speaks english.
Le Français est résilient mais un poil amnésique. Fin Juin, le covid semble oublié, on part surfer et picoler, et la vie est belle.

Après moulte hésitations, on tente un nouveau moov' en août.
Les quelques centaines de pièces d'anciennes versions qui sont des restes de retours clients sont mises en vente d'archives. Pour éviter toute ambiguïté et ne pas se laisser une seule seconde happée par l'envie de faire des soldes chez Asphalte, on décide de reverser 100% des bénéfices de l'opération, soit 28.897€, au projet Moncoton de Thomas Huriez, le fondateur de 1083.
Cet argent sera utilisé pour booster la R&D du projet, qui consiste à développer une filière de tissu denim constitué à 100% d'anciens jeans recyclés. Un projet de ouf, bravo Thomas, et bravo à la communauté Asphalte pour son soutien.
Septembre - Décembre : Le tunnel
Même si la période est excitante, elle est rude. L’équipe accueille 5 nouvelles personnes en septembre. Et intégrer tout ce petit monde à la boîte n'est pas évident car le satané covid est de retour, plus fort que jamais. Entre télétravail, masque et limite de bar à 6 personnes, pas évident de rencontrer dignement tous les nouveaux arrivants.
On parvient malgré tout à faire notre premier pop up à Bordeaux fin septembre. La photo d'équipe fait un peu flipper mais ça a quand même de la gueule, à défaut de vous montrer les nôtres.
En 10 jours, on accueille 2000 d'entre vous et on découvre le bonheur de parler à nos clients, ainsi que la galère d'avoir des boutiques physiques.

Le bilan est clair, oui, le retail, ça marche, mais c'est tellement un autre métier qu'on préfère le dé-prioriser et rester concentrés sur le web pour le moment, d'autant que c'est sans doute une des pires périodes de l'histoire de l'humanité pour s'embarquer dans le commerce physique. Mais surtout les contraintes liées au covid vont à l’inverse de notre vision du pop up : amener beaucoup de monde dans un espace certes cool, mais fermé, en peu de temps. Ce n'est donc pas l’idéal pour le moment.
En parallèle, on terminait la plus grosse galère de production de l'histoire d'Asphalte. La fameuse production du « Bon Blouson » ce blouson en cuir qu'on a mis plus d’un an à livrer.
Pour la faire courte, après s'être fait planter par un premier tanneur qui nous a arnaqué et fait perdre pas mal de pognon, on galère comme des dingues pour retrouver le niveau de qualité promis à nos clients. 3 tanneurs s'y cassent les dents et on finit par lancer la production des peaux en Italie, chez Propeaux, qui a sauvé la partie. Un grand merci à eux. Tout ça en plein covid pour tout arranger.
Bref, une fois les blousons livrés, le soulagement est immense et on réalise une fois de plus la chance qu'on a d'avoir des clients aussi patients et bienveillants.
Pendant 1 an, on a envoyé un email toutes les deux semaines aux 1879 clients pour leur raconter où on en était sur la production, et leur laisser la possibilité de se faire rembourser si jamais le temps leur paraissait trop long.
Ce qui est dingue, c’est que tout ça, ça se joue à la confiance. On pensait être bien trop jeunes pour avoir gagné ce degré de confiance, mais ça a été merveilleux de lire vos messages de soutien toutes les deux semaines. On a rien lâché, et vous nous l’avez bien rendu.
En bout de chaîne, 93% d'entre eux attendront leur blouson malgré les 10 mois de retard, et on a l’impression qu’ils ont été satisfaits du résultat. Quelle histoire.




La ligne d’arrivée
La ligne d'arrivée approche. Quelle année ! Vous êtes maintenant 77.000 à nous faire confiance. On a du mal à y croire.
2021 s'annonce tout aussi dingue, même si la situation mondiale ne va pas s’arranger tout de suite.
On espère qu'Asphalte continuera de grandir, qu'on pourra développer plus de produits, améliorer sans cesse la qualité de toutes nos rééditions et embaucher encore quelques dizaines de personnes. On était 16 en janvier 2020, on sera 40 en janvier 2021 et qui sait, peut-être encore le double dans 1 an.
D'ailleurs, pour ceux qui veulent s’installer à Bordeaux, on a 10 postes ouverts en CDI pour nous aider à passer un nouveau cap, ça se passe par là.
Le truc incroyable, c'est que plus on grandit, plus on se sent utiles. Notre objectif est de remettre un peu de bon sens dans le bazar qu'est devenu l'industrie du vêtement. Et grâce à vous, chaque année, ce rêve devient un peu plus réalité.
On vous aime, on vous remercie, et on espère qu'on est à la hauteur de vos attentes.
Prenez soin de vous et profitez des fêtes.
A ciao bonsoir,
ASPHALTE